Nouvel Hôtel de Police – Torcy

programme : nouvel Hôtel de Police

maître d’ouvrage : Préfecture de Police

architecte : ECDM architectes – chef de projet : Anca Radu

localisation : Torcy (71)

superficie : 4 367 m² SDP

coût : 10 M€ HT

concours : 2018
 

Un repère dans la ville

Le Commissariat de Torcy est implanté en vigie sur l’esplanade de la gare – objet indépendant dont le léger désaxement par rapport à la géométrie du viaduc lui confère autonomie et singularité. Le Commissariat est en un volume compact, solide, digne, droit, à la minéralité affirmée ; il est pensé comme un repère, comme un lieu tourné vers la ville. Cette force inébranlable atteste d’une autorité naturelle, d’une attitude républicaine contemporaine.
Le traitement de l’ensemble des façades dans une même unité d’écriture renforce la singularité du commissariat à la fois espace sanctuarisé et ouvert sur Torcy. Le programme est un marqueur inscrit dans son paysage ; il est image de l’institution, édifice public dans la ville.

Un bâtiment protecteur

Le choix de l’implantation, des matériaux et de l’écriture du projet s’inscrivent en continuité de ce paysage fortement singularisé par la présence du viaduc ; infrastructure hors échelle en béton, dont l’horizontalité impacte la perception de l’environnement d’où que l’on se trouve. Le commissariat joue avec l’infrastructure en la tenant à distance par un jeu de contrastes subtils : implantation libre, travail sur un béton architectonique sophistiqué, écriture verticale, mise en œuvre d’un jeu de failles et de plissés. Ce travail architectonique n’offre aucune ouverture linéaire et plane face au RER, au collège ou aux habitations alentour. Il s’agit d’un commissariat inscrit dans son contexte mais en préservant toute son indépendance et sa spécificité.

Le patio – intériorité sereine en contrepoint d’un extérieur protecteur

La raison première d’un bâtiment est de protéger, de proposer une spatialité qui accueille, contient une ambiance, organise un milieu. La figure du cloître, du quadrilatère qui génère un cadre choisi fut le point de départ de notre projet ; un extérieur protecteur et une intériorité calme spécifique au fonctionnement du Commissariat. Il s’agit d’avoir un bâtiment qui limite et contrôle parfaitement son rapport à la ville en proposant calme, intimité et sûreté dans ses usages.
De l’extérieur, parois minérales et anfractuosités cadrent les ouvertures ; il y a très peu de vues directes et les ouvertures sont toujours protégées. Les parois sont composées de multiples volumes fragmentés par des failles et des retraits qui cadrent les prises de vues. Les césures sont habillées d’une résille métallique rigide qui constitue un store extérieur. Les brise-soleil métalliques de la façade principale assurent une bonne protection et forment un filtre visuel garantissant la confidentialité des activités de police, tout en permettant un éclairage généreux dans tous les locaux.

Voir sans être vu

L’intimité est totale, on peut voir sans être vu, en toute sûreté ; rien ne filtre depuis l’intérieur de votre commissariat vers l’extérieur.
Il en résulte un bâtiment compact à la minéralité tempérée, un bâtiment fragmenté en une multiplicité de volumes qui par le jeu des failles semble très ouvert alors qu’il ne laisse rien filtrer des activités intérieures.

Le patio élément de cohésion

Le traitement de ces façades qui éclairent le bâtiment en cadrant les vues, contraste avec une intériorité quant à elle irradiée de lumière naturelle. Depuis le jardin du patio intérieur, la lumière naturelle se diffuse généreusement et irradie le bâtiment. Le patio central est un repère et un élément de cohésion entre services ; il éclaire naturellement les circulations, crée des transparences, des respirations et des continuités visuelles. Le patio apporte lumière, végétation, calme et sérénité au coeur du commissariat.
La grande majorité des postes de travail, des bureaux ou des espaces de repos s’ouvre vers lui. Le sol du patio en pleine terre est planté d’une foret de bouleaux, arbres droits dont les troncs noirs et blancs jouent le rôle de filtre végétal. Au sol un tapis de fougères épais génère une forte présence de verdure.