Place Ravezies Le Bouscat – Bordeaux

programme : bureaux, établissement d’enseignement supérieur, commerces, restaurant et espace de co-working

maître d’ouvrage : Spie Batignolles Immobilier

architecte : ECDM architectes – chef de projet : Anca Radu

localisation : Place Ravezies, Bordeaux (33)

superficie : 12 335 m²

concours lauréat : 2018

 

UN PAYSAGE DE-SATURE

Une des forces du parc est à trouver dans sa linéarité, dans ce lieu mi-jardin mi-parcours. C’est cette géométrie singulière à laquelle nous devons donner une présence, pour passer de la ville à un cheminement pastoral. Notre bâtiment est un passage, il a un rôle initiatique, il doit révéler la présence extraordinaire et si discrète d’un parc sans façade, donner lisibilité à l’extrémité d’un ruban.
Nos bâtiments font place, leur rôle urbain est clair, mais ils sont surtout accrochés à la terminaison de ce ruban vert, ils sont éléments du parc. Cette appartenance au parc nous confère liberté, un rôle, là où la ville s’efface et où l’incertain, la nature reprend un peu de ses droits. Le projet annonce plus de souplesse et de délicatesse dans un théâtre ou la géométrisation a perdu un peu de son autorité.
La place Ravezie, orpheline d’une gare, semblait bien dépourvue
pour accueillir vacuité et espace arboré. Le front bâti participant à la définition d’une pièce circulaire devenait moins certain sur sa partie nord. Parking et espace vert semblaient irréconciliables, le système pavillonnaire paraissait ténu, dépourvu, que ce soit coté ville ou coté jardin.

UNE VILLE SOUPLE

La situation est organique aussi en est-il du projet que nous vous proposons. Toute notre réflexion part d’une tension à instaurer entre affirmer une présence et laisser passer la vue, le jardin, les
promeneurs. La dé-saturation passe par la fragmentation, par des petits volumes fortement verticalisés avec une emprise au sol réduite, une consommation du sol économe. Les courbes et contre-courbes organisent la parcelle. Ces ondulations verticales révèlent le sol et le ciel ; les pleins sont au service de ces cadrages, de ce travail sur la profondeur de champ.
C’est à partir de l’articulation entre le parc et la place que nous abordons le redéploiement du site. Il s’agit de mettre en œuvre un déploiement fluide de l’architecture opéré en prolongement du sol. Aussi proposons-nous une urbanité paysagère faite de séquences et de volumes fragmentés qui imbrique vides et volumes bâtis afin de mettre le quartier en relation avec son environnement.
Les bâtiments sont pensés comme une topographie, mêlant vides et pleins dans une gestion progressive de la hauteur. Les masses sont découpées, sculptées pour s’ouvrir à mesure que les bâtiments gagnent en hauteur. De larges terrasses autorisant une forte présence végétale sur les émergences y sont aménagées. Il y a ainsi, dès la genèse du projet, l’affirmation omniprésente du végétal qui, conjugué avec une densité en adéquation avec le dynamisme de ce centre métropolitain, confère au projet la capacité de concourir à la réalisation d’une polarité urbaine verte, avec la biodiversité comme élément fédérateur.

LE PARC COMME MATERIAU

Les matériaux sont des matériaux de situation, organiques et locaux, en filiation directe avec leur environnement. Du bois et des plantes, du verre et de la lumière, de la minéralité et de la masse
comme autant d’éléments d’une large palette.
Le végétal grimpant sur les balcons le long d’une fine résille de câbles métalliques est une véritable composante du bâtiment. Nous avons imaginé ce voile végétal avec des variétés grimpantes de vigne. C’est un filtre vertical protégeant du soleil en été, s’effaçant en hiver grâce à ses feuilles caduques, profitant ainsi des apports solaires gratuits. Le végétal grimpant sur les balcons le long d’une fine résille de câbles métalliques est une véritable composante du bâtiment. Nous avons imaginé ce voile végétal avec des variétés grimpantes de vigne. C’est un filtre vertical protégeant du soleil en
été, s’effaçant en hiver grâce à ses feuilles caduques, profitant ainsi des apports solaires gratuits.

LA VILLE FAITE D’ECHANGES

Notre réflexion porte sur le partage des services liés aux activités tertiaires. Il s’agit de proposer une forte composante tertiaire en partageant un certain nombre de services : commerce,
conciergerie, espace de formation, restaurant, etc.. Il en résulte une image teintée de domesticité pour ces lieux de travail afin de proposer un cadre de vie plus ouvert et moins rigide.
Cette idée d’échange a pour vocation d’élargir les plages d’utilisation des bâtiments, concourant ainsi à une meilleure utilisation des surfaces et à une meilleure animation de la place et du parc en soirée et le weekend.
Renforcer les services tant quantitativement que qualitativement. Ainsi les surfaces en RDC seront largement ouvertes sur la ville et ainsi concourront à renforcer l’offre servicielle du quartier tout en animant fortement les pieds d’immeubles. A titre d’exemple, un large commerce de près de 800 m2 est déployé le long de la place pour se retourner vers le parc. La vitrine propose un retournement d’angle attractif constituant une articulation entre le parc linéaire et la place. Vers la promenade, plus proche des pavillons nous proposons une conciergerie, un lieu hautement serviciel, calme qui tient la proue de l’immeuble. A l’intérieur de l’ilot, en vis-à-vis, nous disposons les halls d’entrée permettant d’accéder à l’école, aux bureaux et au restaurant situé au sommet du bâtiment. Un peu plus loin, une vaste salle de conférence largement ouverte sur son environnement, pourra le soir venu, servir à des événements culturels ou festifs ouverts sur la ville.
Notre proposition est un travail sur les usages dans lequel l’individu est au centre de nos préoccupations, un travail dont l’objectif est de définir un cadre de vie permettant à chacun d’interagir d’une façon simple et naturelle avec son environnement, de réintroduire des gestes évidents garants de bien-être.