Ilot folien – Valenciennes

programme : étude urbaine pour l’îlot folien

maître d’ouvrage : EDF + VNF

architecte : ECDM architectes

localisation : Valenciennes (59)

superficie : 60 000m² HON

étude 2009

Situé à proximité de l’hyper-centre, les 5 hectares de l’emprise de l’étude constituent une insularité. Caractéristique majeure à partir de laquelle nous allons développer notre projet, notre étude est une réponse contemporaine à cette qualité singulière qu’est la présence de l’eau dans un quartier central. Le site est inclus dans un paysage déterminé par les voies ferrées et le canal, grandes infrastructures de transport qui, lors de leur réalisation, constituaient la limite du centre ville de Valenciennes. La croissance urbaine a absorbé ces infrastructures les connectant à de très nombreux services et équipements du centre ville. Le territoire englobant le site s’avère ainsi complètement imbriqué localement et parfaitement relié au territoire métropolitain par le train et le tramway. Bien que parfaitement situé par rapport au centre ville, du fait de son caractère insulaire, le site présente peu de porosités avec son environnement immédiat. En contrepartie des difficultés d’accès dues au fait d’être physiquement coupée de la ville, cette enclave présente un panorama exceptionnel très largement ouvert sur un vaste paysage.

Notre travail premier a été de synchroniser le site avec les rythmes de la ville. Ouverture à l’ouest vers la rue Rosalie Levasseur, le groupe scolaire, les commerces de proximité, via un pont flottant, infrastructure simple, économique, accessible aux personnes à mobilité réduite. Et au-delà du pont flottant, les chemins de hallage sont connectés par les écluses et le barrage afin d’inscrire l’ile dans un parcours de promenade et de loisir. La tète de l’ile au sud est également repensée afin de créer une articulation fluide et paysagère avec le système routier de la ville. Il s’agissait également de trouver des filiations territoriales, de proposer des conditions suffisantes pour que l’appartenance du projet au site soit donnée à voir, perçue de façon évidente. 100% des logements ont ainsi une vue directe sur l’eau et le canal, notre volonté étant que l’aménagement soit un principe narratif sur la manière d’habiter un paysage, d’entretenir une relation avec l’eau, les quais, le grand paysage. Il en résulte une image proche de celle d’un bateau de croisière. Il y a d’abord cette forme allongée, effilée, profilée comme un navire s’apparentant à une coque habitée par des logements bénéficiant de ce luxe simple, naturel, mais exceptionnel, de la vue sur l’eau. Cette coque contient un paysage intérieur, un parc, un espace privé de grande dimension, exceptionnel paysage partagé par l’ensemble des résidents.

La diversité, la complexité, l’imbrication des rythmes d’activités ou d’usages sont évaluées et assemblées afin d’instiller les conditions nécessaires à la réalisation d’un environnement moins linéaire, plus incertain, n’excluant pas des mutations à venir ou des intentions prospectives que nous pensons propres aux villes attractives. Ainsi l’ile accueille, logements en accession, logements locatifs, logements pour séniors, logements étudiants, des espaces tertiaires, petits locaux d’activités, un éco-port, quelques commerces de proximité, un restaurant qui s’ouvre sur le pont flottant, ainsi qu’une crèche. Cette diversité programmatique permet la mise en œuvre d’un quartier dense et attractif. L’organisation projetée du site est déclinée d’une certaine idée de la place du paysage dans la ville. Du micro au macro, du paysage du jardin au paysage de la ville, l’urbanisme s’articule en allers-retours non pas à partir de la dualité plein-vide mais dans la conscience de s’inscrire dans un continuum paysager dont il convient d’impulser les qualités, dissoudre les contraintes dans la mise en place d’un projet inscrit dans une vision élargie du territoire en phase avec les attentes de notre époque : Peu ou pas de construction en infrastructure pour des constructions optimisées en termes de coût, de délais de réalisation, pour un plus grand nombre, pour un plus large choix d’options de vie. Ainsi les espaces non construits sont mutualisés pour l’essentiel, avec pour intention de réduire le cout des VRD et les couts d’exploitations induits.

Habiter le paysage, c’est permettre de préserver l’idée d’un paysage déjà existant, un paysage patrimonial tout en densifiant le site par un programme mixte de logements, de commerces, de locaux tertiaires, d’équipements. Construire un quartier promouvant l’idée de nature où chacun peut contribuer à créer la nature.

Nous proposons donc un contraste fort entre deux tropismes qualitatifs constituant l’aménagement. En périphérie, sur les limites de l’ile, un quai minéral en pavés de pierres du Hainaut ceinture le site. Interdit à l’automobile, il permet la circulation des véhicules de lutte contre l’incendie, les déménagements, le ramassage des ordures ménagères et les livraisons. Les berges sont conservées dans leur état actuel, restaurées ponctuellement. La gestion de l’eau, les noues, les bassins doivent s’insérer avec fluidité dans un aménagement dense. L’organisation à venir sera autant géographique que structuration de sociabilités, mise en œuvre de Surfaces d’Echanges. La qualité, la nature, l’objectif des échanges renvoient à la notion d’environnement : ils sont éléments structurants du projet urbain, du rapport au milieu. Ici le programme est le contexte. Il est une façon de penser la géographie des échanges à venir : un programme que nous avons transcrit en possibilités d’interfaces comme autant d’augmentations durables de domaines d’échanges.

Les logements s’organisent autour d’un plan qui permet que 100 % des logements ont à la fois la vue sur le canal et sur le parc intérieur. Il s’agit de logements traversants qui bénéficient de deux paysages de grande qualité. Habiter les quais, c’est permettre à chacun des habitants un rapport direct à l’eau et à l’insularité, c’est proposer un aménagement qui révèle les qualités du site. Cet aménagement qui vient redéfinir les limites de l’ile libère un vaste espace intérieur. Un espace que nous souhaitons privé, appartenant aux résidents, un espace ouvert aux habitants du quartier mettant en scène des valeurs partagées. Il s’agit donc d’un espace fédérateur où la mutualisation permet la réalisation de terrains de tennis, d’aires de jeux, d’un parc arboré de large dimension avec un cout d’entretien réduit. Il s’agit d’avoir un jardin comme pour une maison mais sans l’entretien, pouvoir avoir des équipements qui individuellement sont hors de portée, inaccessibles. Cet espace concentre un biotope, avec la préservation maximale de la faune et la flore existante et avec un traitement des eaux pluviales in situ sans aucun rejet aux réseaux publics. Le développement du quartier sera largement conditionné par l’impulsion donné au démarrage de l’opération. Dans un marché largement concurrentiel où les besoins sont globalement satisfaits ils s’agira de générer un environnement hautement attractif ayant capacité d’entrainement. Dès lors il nous semble impératif de développer l’emplacement le plus qualitatif, le emblématique, celui qui porte le mieux les valeurs de l’ile. Le rapport à l’eau, au paysage, à la vue est particulièrement valorisant sur la proue de l’ile. Cette situation géographique.