Logements Gare d’Auteuil – Paris XVI

programme : 350 logements + crèche + activités + parking

maître d’ouvrage : OPAC de Paris

architecte : ECDM architectes

architectes associés : BuildingBuilding + Lucien Kroll + Duncan Lewis

BET : Saunier & Associés, Ayda Acoustique, Franck Boutté.

paysagiste : Taktyk

perspectives : Cyrille Thomas

maquette : Patrice Debois

localisation : Gare d’Auteuil, Paris XVI

superficie : 32 000 m²

coût : 47.9 M€ HT

concours 2008

Le travail sur l’accumulation proposé est plus anarchique que les séries où se répète un seul et même objet, plus aléatoire que les arrangements nés de l’intervention d’un quelconque opérateur. C’est une attitude que nous revendiquons, posture à l’opposé d’une esthétique épurée ou d’une nouvelle objectivité. Ce goût pour le hasard des entassements poétiques est assemblage circonstanciel. Il cadre notre travail. Dès lors le projet sera de révéler des coïncidences plutôt que d’écrire l’histoire cohérente d’un îlot fait de diversités. Notre projet s’inscrit dans une vision actuelle, contemporaine de la cité, quand la ville appelle une réflexion faite d’ordre et de chaos intimement imbriqués dans lesquels la diversité, la complexité, l’imbrication de rythmes et d’usages sont évaluées et assemblées afin d’instiller les conditions nécessaires à la réalisation d’un environnement moins linéaire, plus incertain, fait d’assemblages, de mutations chaotiques, hasardeuses et complexes, caractéristiques de la centralité de villes attractives et vivantes. Cette sociabilité de la question architecturale est fondatrice de notre réflexion ; elle est porteuse de mixité et de partage pour un cadre de vie somme de diversités et respectueux de son environnement. Loin des typologies nostalgiques ou formalistes, il s’agit de rendre possibles des modes de vie multiples, permettre la coexistence de sociabilités et de cultures variées et évolutives, favoriser des pratiques de l’espace novatrices, initier une mixité des usages quand le travail, les loisirs et la structure familiale présentent des contours mouvants. Lors de la définition de l’aménagement de l’îlot, la densité, la mixité, la compacité furent envisagées comme valeurs essentielles, garantes d’une grande qualité de vie, capables d’objectiver les caractéristiques urbaines afin de répondre à des objectifs environnementaux ambitieux.
Aussi notre proposition tend-elle à la saturation des limites du terrain avec des espaces et des architectures singuliers, chacun d’eux relevant de pensées autonomes, d’écritures personnelles, d’interprétations individuelles et de valeurs partagées. Ce travail sur la limite s’articule avec des propositions spécifiques de traitement des rez-de-chaussée, sur la singularité des différents rapports au sol gérés en fonction de la nature de l’espace public qui le borde. Affirmer fortement la présence d’une image résidentielle, c’est renforcer et restructurer un urbanisme modelé par le dictat de l’automobile. Le long du boulevard Suchet nous proposons des porosités entre la promenade et la voirie en préservant des vues et des perspectives constitutives de l’histoire du lieu. Ainsi des failles verticales et horizontales, des bâtis décollés du sol et des décrochés en toiture ouvrent l’îlot et donnent de la profondeur à différents points de vue et perspectives depuis les espaces publics. Une succession de filtres végétaux réintroduit l’image de la villa quand il s’agit d’habiter un paysage, un écrin de verdure coincé entre une promenade arborée, un mail d’arbres et le bois de Boulogne – Habiter Paris à sa lisière, confortablement calé contre le Boulevard, le long de son tracé rectiligne, contenir la ville et l’histoire d’une limite en lieu et place d’une petite ceinture. Coécriture pour un projet d’accompagnement dans lequel la question du logement fut seule matière à transgression et la matrice éprouvée par la multiplicité des formes d’habiter.
La question d’un environnement durable structuré par la définition d’un cadre de vie définit notre projet. Il en résulte une grande convergence conceptuelle entre les différentes approches de chacun des membres de l’équipe dans une multiplicité d’écritures. Ainsi la quasi-totalité des logements est traversante ou à double orientation à partir du 2 pièces, la quasi-totalité des logements bénéficie de vastes espaces extérieurs sous forme de jardins d’hiver, balcons ou loggias, la quasi-totalité des façades met en œuvre le bois dans une grande diversité d’utilisation. Une même préoccupation anime les projets concernant le statut du végétal, le traitement des espaces collectifs, la qualité des toitures…

The contemporary city requires both order and chaos, it is generated by the interweaving  of diversity, complexity, of rhythms and uses. Our project creates a non-linear urban environment, produced by the assemblage of singular spaces and entities, generating chaotic architectural mutations whose complexity is characteristic of the centrality of attractive and lively cities. This notion of the sociability of architecture is at the base of our thinking, bearing the ideal of a mixed and diverse living way of life, respectful of its environment.
Density and compactness were the main objectives while developing this urban block. The project tends to saturate the plot up to its limits, inducing a sense of urbanity. The addition of architectural fragments is an integral part of this diversity, revealing at the simultaneously autonomous thought and shared values.  The question of limits is treated as a subtle articulation between public and private, street and garden. Critical mass is achieved not only to optimize views to the south but also to create a real urban presence on the boulevard. The compactness of the built mass allows for fully glazed façades opening double-sided, duplex apartments to the Parisian landscape.