Centre de formation EDF « Campus Saclay » – Plateau de Saclay

programme : centre de formation EDF « Campus Saclay »

maître d’ouvrage : SOFILO

architecte : ECDM architectes – chef de projet : Jérémy Bernier

localisation : plateau de Saclay (91)

superficie : 25 000 m² SHON

concours : 2011

livraison : 2015

Urbanité rurale

La réalisation d’un bâtiment dans le projet d’aménagement de Paris Saclay est une occasion unique pour constituer un des jalons du futur pôle d’excellence constitué sur le plateau. La spécificité du site, ses qualités présentes et en devenir en font un territoire d’avangarde stimulant.
Le paysage est le point de départ d’un projet pensé avec le sentiment obsessionnel d’être entouré par la nature. Le vide de construction domine, l’espace est large, distendu. La consommation du territoire est ici centrale quand se répandre serait banaliser le support. Notre travail premier est de donner de la valeur à l’abondance d’espace. Aussi nous avons souhaité mettre en scène, donner à voir cette économie de consommation de territoire en proposant une architecture compacte, une volumétrie qui s’efforce de consommer avec modération un territoire de grande valeur. Ici la richesse c’est l’espace. Il s’agit donc d’un bâtiment conscient de son foncier, aussi précautionneux de son site que s‘il avait été pensé dans un environnement rare et dense. La densité, la pression ici, c’est le paysage qui fédère et sature l’architecture. Nous sommes en présence d’une ruralité-urbaine, d’un aménagement paradoxal qui voudrait que l’on ait les avantages, les caractéristiques de la ville et de la ruralité en un même lieu.
Il en résulte un projet dense compact, une volumétrie qui fédère la diversité du programme. Le bâtiment est traité comme un ilot cadré par des ilots de verdure, un bâti s’inscrivant parfaitement dans un territoire géométrisé. L’organisation de notre plan masse participe à la structuration d’un paysage, un cluster ou les constructions ne sont pas des objets solitaires mais les éléments d’un tout. Nous travaillons dans une logique d’ilot, ilot bâti répondant à des ilots plantés dans un travail où les plantes constituent des masses, des ensembles au même titre que le construit.
La nature n’est donc pas un entre-deux mais un contraste. Il y a donc un campus organisé dans une unité de lieu, une entité non fragmentée mais organisée en strates, se développant dans un système de repérage simple qui donne unité et lisibilité à chacun des programmes. Des masses construites répondent à des masses végétales à l’intérieur d’un territoire géométrisé, fait d’alignements, de tracés viaires, de perspectives dans une logique de ville, dans une logique d’urbanité végétale, d’un paysage urbain proposant un nouvel équilibre entre minéral et végétal.

Destination

C’est un lieu de destination dont il s’agit, un lieu qui possède et cadre sa propre temporalité. Aussi la question du temps organise le propos architectural. L’idée de contenance, d’intermède où l’on vient passer de quelques jours à quelques semaines nous oblige à qualifier fortement un moment qui doit rester comme une expérience singulière, un passage qui ne se banalise pas. Lieu de destination, le campus met à distance le quotidien pour mieux concentrer le propos du stage. Le campus met à distance le cadre de travail, la famille, les habitudes en définissant un environnement, un cadre de vie que chacun doit pouvoir s’approprier.
Il y a une intériorité profonde, dense, que nous souhaitons mettre en scène, une architecture proposant une sociabilité inscrite dans la culture de l’entreprise. Aussi notre proposition porte plus sur la définition d’un cadre de vie collectif qui doit rester sans équivalent dans la vie quotidienne.
Ce travail sur le temps, sur des séries d’épisodes traversés dans un moment et un espace définis font du campus un vaisseau, un contenant, un lieu d’aventure. Plus que le luxe, c’est la mise en œuvre de valeurs partagées qui constitue une ambiance extraordinaire, un marqueur des passages à venir.


Rural Urbanism

The completion of a building in the planning project of Saclay Paris is a unique opportunity to be one of the markers of the future center of excellence established on the plateau. The uniqueness of the site, and it’s present and future characteristics, make it an interesting emerging area.
The landscape was the starting point of a project created with the idea of being surrounded by nature. The lack of construction dominates; the site is large, distended. The use of territory is essential here: to spread out would be to trivialize the landscape. Our first priority is to give value to the abundance of space. We also wanted to display the economy with which our building uses the territory, by proposing a compact architecture, a mass which seeks to use with moderation an area of great value. Here, wealth is space. We have therefore designed a project aware of its footprint, just as conscious of its siting as if it were in a rare and fragile environment. It is the landscape that unifies and saturates the architecture. We are dealing with a rural urbanity, with paradoxical planning that provides both the advantages of the city and the country in the same place.
The resulting project is dense and compact, a volume which unifies a diversity of programs. The building is treated as a block framed by blocks of green, a building perfectly inscribed in a geometric landscape. The organization of our siting helps create structure within the landscape, a cluster where buildings are not solitary objects, but elements of a whole. Our project fits within the logic of blocks, a constructed block responding to the planted blocks, in a project where vegetation constitutes mass, along with what is built.
The nature of the project is not a compromise, but a contrast. There is consequently an un-fragmented volume organized in layers, developing a system of simple alignments which give unity and clarity to each program. The built volumes respond to vegetal masses in and around the project, create alignments within an urban landscape offering a new balance between mineral and vegetable.

Destination

The site is a destination, a place that possesses and defines its own temporality. The question of time also organizes the architectural proposition. The idea of countenance, of interlude, of a place where we spend a few days or weeks, compels one to shape a moment that remains as a singular experience, not trivial. As a destination, the campus offers distance from the everyday in order to better focus on the courses. The campus is remote from the frame of work, family and routine, and creates a lifestyle for each visitor to appropriate.
There is a profound, dense internality which we wanted to create; it is an architecture which proposes a community within the culture of the enterprise. Our proposal defines a collective lifestyle which remains unique from everyday life.
The inspiration of time, of a series of episodes which cross in time and space define the campus as a vessel, a place for adventure. More than luxury, it is the realization of shared values that creates an extraordinary environment.
It is therefore a building that contains a multiplicity of different living spaces, where each of these programs is considered as an individual moment within the day of a visitor, where the intimate and collective superpose and intermingle without altercation. This is again not to trivialize anything, not the effort of training, or the moments of exchange and interaction, or the time for reflection and meditation. It is a place of intense collective life where needs for isolation and personal space are also met.