Logements et bureaux – ZAC EuroRennes

Programme : Construction d’un ensemble mixte de 25 logements H&E et bureaux

Maître d’ouvrage : OCDL Groupe GIBOIRE

architecte : ECDM architectes – chef de projet : Laurent Lustigman

Localisation : boulevard Solferino, Rennes (35)

Superficie : 9 293 m² SHON

Concours 2012


Premier élément d’un paysage urbain en devenir, le bâtiment est porteur plus qu’aucun autre des valeurs qui font et feront la spécificité de ce nouveau quartier. Aussi pour nous il s’est agi avant tout d’intégrer et de transformer en architecture les principes structurants du secteur au beau nom de « français libre ».

Il y a d’abord cette exigence d’alignement le long du boulevard Solferino, avec la volonté de générer un gabarit homogène affirmé. Il s’agit là non seulement d’accompagner et de renforcer la structure du boulevard urbain, mais aussi de constituer un fond de perspective pour les vues sud – ces vues depuis les trains dont les regards pénétreront entre une rythmique d’objets architecturaux disposés le long des voies.

La seconde exigence est de tenir l’angle, d’accompagner une transition entre deux territoires de natures fort différentes. Devant, au sud un nouveau quartier, puis directement, plus au nord, un parc. Aussi le bâtiment s’affine-t-il, en une figure de proue qui reprend les archétypes de ces angles fermés si chers au baron Haussmann. Une même écriture de façade se retourne, accompagnant un retournement sans hiérarchie de traitement. Il n’y a pas de façade secondaire, mais bien uniquement des façades principales dans une volonté d’articuler avec la même attention deux paysages urbains dans une écriture réversible, dans une architecture à même d’homogénéiser deux perceptions paysagères.

Aux deux tiers de sa hauteur, le bâtiment s’amincit, s’effile en une forme de toiture pentue, si caractéristique des constructions typiques de l’histoire de la région bretonne. La volumétrie générale du bâtiment s’inscrit dans une composition architecturale très classique, avec un socle tout de verre constitué, puis un corps de bâtiment directement prolongé par un volume de toiture. Dans un registre contemporain, dans une idée de continuité, de morphing, le volume supérieur s’inscrit dans une même intention d’écriture architecturale que le corps du bâtiment. Progressivement, subtilement, le vocabulaire général évolue, se transforme discrètement pour accueillir la partie résidentielle de l’ensemble. Ses larges fenêtres aux proportions généreuses se creusent, s’évident progressivement pour accueillir de larges surfaces extérieures, balcons généreux de 2.50 m de profondeur qui, à l’abri de ce motif de façade, protègent et garantissent discrétion et intimité. Il s’agit d’une mixité douce où les logements et les bureaux ne sont pas deux figures de style opposées mais jeu sophistiqué ou l’un capte les qualités de l’autre et inversement. N’assistons-nous pas à ce jeu urbain dans nos métropoles quand les bureaux réutilisent les logements bourgeois du 19e alors que les bobos s’emparent des locaux d’activité pour en faire leurs logements de prédilection.

La gestion des retraits telle que demandée au PLU se fait en pente douce, la rue s’élargit progressivement au fur et à mesure que le bâtiment s’élève. Ce dispositif se retourne dans une unité de traitement façade nord offrant une meilleure pénétration du soleil sur les surfaces situées à l’arrière de notre ouvrage.

Nous proposons donc un socle entièrement vitré, un socle rehaussé avec 4m de hauteur libre pour des halls généreux. Un socle qui présentant une pliure en retrait pour marquer l’entrée principale au centre du bâtiment et protéger les utilisateurs d’un large auvent.
Le corps du bâtiment part d’un dessin de baie optimisé pour avoir le meilleur éclairage naturel dans les espaces tertiaires tout en offrant intimité. Nous avons une allège de 75 cm alignée avec la hauteur du mobilier de bureau, que prolongent des baies vitrées toute hauteur sur une trame de 1.35 m de largeur. Pour une bonne ventilation naturelle ces baies sont ouvrantes, un châssis sur deux. Le bardage est constitué d’un jeu de plaques inox recuit posées telles des ardoises. Transposition du matelassé Chanel, de cette figure géométrique iconique qui unifie un ensemble à partir d’un fragment synonyme de grande qualité. Il s’agit là d’un matériau pérenne, stable, lumineux, texturé, soigné dans sa mise en oeuvre. Dans les derniers niveaux sont logés dans l’épaisseur de la toiture, de larges jardinières à partir desquelles nous donnons la possibilité de faire pousser des plantes couvrantes, grimpantes, et des arbustes. Le végétal peut être généreux car tirant tout le parti de l’inclinaison de la toiture, nous amenons une large ouverture où la lumière pénètre largement.