Bureaux – Boulogne-Billancourt

Programme : immeuble de bureaux

Maître d’ouvrage : Sogelym Dixence

architecte : ECDM architectes – chef de projet : Jean-Emmanuel Marie

Localisation : 24-26 avenue Lattre de Tassigny, Boulogne-Billancourt (92)

Superficie : 2 000 m² SHON

Coût : 6 M€ HT

Concours 2011

Situation / Contexte

Situé à l’ouest de la commune de Boulogne – Billancourt, le projet s’implante dans le paysage complexe et hétéroclite de la première ceinture périphérique parisienne.
A la croisée d’axes de déplacement majeurs, autoroute, routes et ligne de métro, le projet jouit d’une situation idéale pour un programme tertiaire.
Au-delà de ces atouts, c’est le contexte paysager proche et moins proche qui a le plus retenu notre attention. En effet, de grands parcs de la région la Région parisienne cernent le projet dans un rayon de 2 km et la parcelle est toute proche de la Seine, ce qui nous renvoie à des paysages encore plus lointains.
Le projet se situe en outre juste à côté des Jardins Albert Kahn. Jouissant d’une collection végétale hors normes, ces jardins fixent une biodiversité conséquente sur place, tout comme les grands parcs alentour.
Dès lors, le projet s’attache à jouer avec ce contexte paysager en travaillant une liaison entre ville, tissu urbain et parc.
A l’image d’un essaim d’oiseaux migrateurs ou des pétales d’un Sakura, le bâtiment se veut le plus volatil possible dans son contexte. C’est une enveloppe poétique qui contient l’organigramme spatial le plus à même de répondre aux modes d’espaces tertiaires d’aujourd’hui.

Insertion / Forme

C’est une architecture de pignon que nous vous proposons, une architecture structurée par volonté de prolonger, d’extruder un tissu urbain existant.
Cette architecture de pignon induit une volumétrie singulière avec un traitement spécifique de l’extrémité du volume extrudé.
Aussi le bâtiment naît du pignon d’immeuble existant, le faitage est prolongé jusqu’à se confondre dans une forme plus globale.
Il s’agit d’échapper à la tyrannie du cube, archétype du bâtiment tertiaire pour proposer une architecture plus ambiguë empruntée à la poésie et la sensibilité des formes naturelles qui composent le contexte où le bâtiment s’implante.
Ceci résulte aussi de la volonté d’inscrire le bâtiment dans un paysage de porte de ville, à la frontière entre composante naturelle : la Seine, artifice végétal : le Jardin Albert Kahn et un tissu urbain : Boulogne-Billancourt.
La volumétrie du projet est le fruit d’une extrusion, d’un volume tendu, étiré entre l’avenue Lattre de Tassigny et la rue du Port. Les angles du volume-gabarit maximum sont ici adoucis afin de fondre la masse dans une forme douce.
Le bâtiment s’installe la pente qui descend de l’avenue du IV septembre à la rue du Port. Le rez-de-jardin est donc semi-enterré.

Fonctionnement

L’organisation de l’immeuble se veut la plus simple possible. L’accès piéton se situe sur l’Avenue du 4 Septembre, il se fait via une passerelle qui surplombe une légère pente végétalisée par des plantes aquatiques.
L’espace d’accueil-hall se situe au rez-de-chaussée dans un grand espace entièrement vitrée sur l’extérieur. L’intégralité du rez-de-chaussée se veut le plus transparent possible afin de permettre des pénétrations visuelles entre l’avenue de Tassigny et les Jardins Albert Kahn. On essaie ainsi de conserver le vide actuel, la vue sur les feuillus des Jardins A. Kahn.
On accède aux étages supérieurs et inférieurs via le noyau central qui regroupe deux ascenseurs et un escalier encloisonné. L’espace d’attente devant les ascenseurs s’étire le long de la façade vitrée. La mobilité verticale est mise en scène, et l’attente se fait dans la lumière naturelle avec vue sur l’avenue Tassigny. Les plateaux de bureaux s’organisent autour du noyau central qui regroupe les circulations verticales ainsi que les sanitaires. Le noyau est le plus compact possible afin de favoriser les espaces de travail. Ces derniers profitent d’un éclairement à 360° tout au long de la journée. La façade vitrée offre un maximum de lumière filtrée par une double peau de panneaux transparents aux teintes d’automne, ouvrant les jardins Albert Kahn sur l’angle de l’avenue

Enveloppe

L’enveloppe naît de la rencontre de deux volontés. L’une d’affirmer des préoccupations environnementales via un choix esthétiques. L’autre de transformer une vision sensible d’un contexte en une matérialité concrète. L’idée est aussi de venir adoucir la perception d’un volume déjà poli.
Une nappe constituée de pétales protecteurs qui apportent une multitude de reflets tels ceux perçus lors d’une balade dans le jardin Albert Kahn tout proche. Les pétales, simples feuilles de verre, se teintent de couleurs automnales qui jouent, en accord ou en contraste, avec les saisons.
Au-delà de l’aspect sensible, l’enveloppe de verre protège le bâtiment des variations climatiques saisonnières. Protectrice en été, l’enveloppe n’empêche pas les apports solaires d’hiver. Elle permet de contribuer à la régulation thermique de l’intérieur du bâtiment.
Enfin, ce parti-pris apporte un réel bénéfice à la qualité de l’espace intérieure. La perception de l’extérieur de fera via un filtre poétique, sur la ville, sur le jardin, on voit à travers les pétales. Les espaces de travail gagnent en qualité visuelle, c’est un cadre, un tableau constant sur le paysage environnant.