Gymnase de la Robertsau – Strasbourg

Programme : Construction du nouveau gymnase du quartier de la Robertsau

Maître d’ouvrage : Ville de Strasbourg

architecte : ECDM architectes – chef de projet : Florian Dubois

Localisation : Strasbourg (67)

Superficie : 2 212 m² SHON

Concours 2012

Un projet paysage

Il s’agit d’une intervention paysagère en lisière urbaine où espaces naturels et constructions cohabitent dans un équilibre indéterminé. La proximité de l’eau, du Rhin, a contribué à la préservation d’un territoire à la végétation spontanée – un biotope installé entre le fleuve et la ville.

La possibilité de présence de l’eau et les conséquences en termes d’occupation du terrain induisent une architecture hors sol à l’impact limité. Partant de cette exigence fondamentale que nous souhaitons transcrire en valeur architecturale, nous vous proposons une construction sur pilotis, un bâtiment qui limite son emprise aux simples impacts des piles de béton, une surface en lévitation au-dessus d’un corridor vert.

Le potentiel de ce dispositif combiné à l’optimisation du modelé de terrain permet, en surélevant légèrement le gymnase, de glisser les 20 places de stationnement sous la construction. Il s’agit là de réduire l’imperméabilisation des sols, de limiter l’impact visuel de la présence d’automobiles mais surtout de libérer le plus largement possible les espaces extérieurs et d’offrir ceci à la belle biodiversité qui entoure l’édifice. A l’espace ainsi libéré, nous donnons une valeur d’usage en proposant des pratiques sportives extérieures en prolongement des sports en salle. Aussi une allée d’entretien qui ceinture le bâtiment est avant tout une piste d’échauffement, des couloirs de 200 mètres dédiés à la course ou à l’endurance. Disséminés dans le jardin, nous disposons des agrès pour les pecs et abdos de nos sportifs.

Le jardin est là comme un écrin. Il est support du gymnase et en assure son prolongement. Il qualifie son environnement, ce qui est bien le minimum quand il s’agit de haute qualité environnementale. Les bosquets que nous souhaitons préserver à maxima viennent cadrer les limites de la parcelle dans un flou végétal dans lequel disparaissent les contingences sécuritaires, dans lequel les clôtures sont phagocytées. En limite avec l’espace public sur tout le linéaire avec la voirie, nous proposons une noue, un fossé drainant de collecte des eaux de pluie dans lequel nous venons implanter une clôture sertie dans une végétation aquatique. Les limites physiques du site disparaissent de la perception du promeneur.

Au centre de la parcelle est implanté le volume bâti, une implantation qui s’efforce à redéfinir une géométrie simple, lisible à la parcelle. La volumétrie est donc sobre et compacte, les différents programmes sont assemblés avec précision pour limiter à minima la surface de l’enveloppe.

L’élévation principale est striée par des baies élancées, par des sheds verticaux qui viennent capter la lumière du nord apportant un éclairage naturel doux et généreux sans surchauffe au complexe sportif. Principe d’une architecture industriel réinterprétée, verticalisée, les sheds rythment la façade. Un jeu d’écailles en bois carbonisé sur le linéaire du RDC et en bois étuvé pour le couronnement constitue les parties pleines. Le procédé de protection du bois par carbonisation superficiel est un procédé que nous avons déjà mis en œuvre dans un bâtiment publique. Le bois brulé vieux principe utilisé par les indiens d’Amérique pour durcir la pointe de leur flèche permet de conserver le bois, le durcir et d’avoir une teinte stable. Sous la lumière du soleil le bois vibre du blanc au noir en passant par des tons bleutés.

On pénètre dans le Gymnase par une passerelle ; un sas, puis une large galerie transversale distribuent l’intégralité des programmes. Une belle hauteur sous plafond, 3.20 m, des parois en parement bois et des séparatifs en parpaings – pose soignée, rejointoyée, finition peinte. Entre les salles et le déambulatoire, en peigne, comme un filtre le hall, les vestiaires et les sanitaires.

La salle principale est ouverte sur toute sa longueur, une longue baie vitrée ouvre au sud, décollé du sol la vue est à hauteur des feuillages des bosquets limitent du terrain. C’est un gymnase ouvert sur son environnement où la vue, la lumière naturelle, l’ouverture apporte calme et bien-être ; un corps sain dans un environnement sain. Au Nord les sheds verticaux apportent le complément de lumière naturelle pour un éclairage généreux et diffus. Parpaings rejointoyés peints avec une résine sur les premiers mètres puis panneaux acoustiques en bois perforé, au plafond la structure, entrelacement de bois contrecollé est laissée apparente.