Logements Chapelle International – Paris XVIII

programme : construction de 2 immeubles de 263 logements, parkings et commerces

maître d’ouvrage : Sogeprom

architecte : ECDM architectes – chef de projet : Boris Girin

architecte associé : OFFICE Kersten Geers David Van Severen

localisation : lots E1 & E2 – ZAC Chapelle International – Paris (75)

superficie : 12 818 m² SHAB

concours 2015

Habiter haut c’est habiter le paysage, c’est entretenir avec son milieu des échanges privilégiés. La hauteur est ici liée à une urbanité qui allie densité, compacité, rationalité pour révéler espace, vide, vue, intimité. Au sud, un square garantit la mise à distance de tout objet pouvant perturber la vue vers Paris ; une urbanité panoramique dont les cadrages horizontaux révèlent les paysages, des paysages dont Chapelle International en est le milieu.

Les tours vont parfois par deux, elles font la paire, de Bagnolet, à Malaisie Petronas, Alicante, Vienne etc. Ici le dédoublement n’est pas duplication, mimétisme, gémellité mais expression duale d’un contexte, plus proche de la danse que d’un principe de composition canonique.

La verticalité, c’est un socle, un rapport au sol et une terminaison : il y a le premier niveau, le dernier niveau et les autres. Le socle ici c’est l’ilot ; il en définit les limites. La volonté de partager un chainage, une grille, une même géométrie est, pour Office et nous-mêmes, fondateur, conscience de partage d’un même sol, d’articuler des variations, des nuances et des valeurs définies en une unité territoriale.

Ainsi Soho, jardin et commerce, sertissent-ils hall et espaces de services liés aux résidents. Le déploiement d’une trame perforée qui accueille les différents programmes constitue les fondations, permettant le déploiement de deux verticalités. Nous partageons en commun ce rapport à l’espace public, nous mutualisons l’horizontalité, ces premiers mètres perçus par le promeneur depuis le trottoir. Cette propriété est ici encore renforcée par le fait que seuls 2 angles ténus viennent à l’alignement passé de deux niveaux sur tout le déploiement ouest de la parcelle. Il s’agit d’une figure en L, un socle qui se relève à la verticale pour s’appuyer sur l’est, donner de la masse à opposer au levant.

Au-dessus, il s’agit d’être compact et léger, dense et élancé, rationnel et composite. Notre projet s’est construit avec la volonté d’échapper aux fatalités formelles liées à la verticalité pour développer cette notion de paysage élargi, quand on pourra voir loin et être vu de loin. La façade est donc ici un filtre entre extérieur et intérieur, un espace ayant valeur d’usages compris entre la ville et l’intime – être chez soi en ville.

Tous ces logements sont naturellement prolongés par un vaste balcon de 2 m de profondeur, offrant à tous logements une surface comprise entre 10 et 20 m² pour que l’on puisse sortir une table, manger, jouer, travailler. C’est une extension réelle du logement, une pièce en plus, protégée du vent et des regards par une structure porteuse désolidarisée du fut. La chasse aux ponts thermiques n’aura pas lieu : l’isolation thermique extérieure file sans interruption sur toute la hauteur du bâti. Economie de matière et de poids, l’exosquelette s’affine progressivement à mesure que les planchers se succèdent. Disparition progressive, perspective affirmée, dématérialisation progressive à mesure que le ciel se rapproche concourent à renforcer l’idée de hauteur, d’élancement. Une tour n’étant jamais ni assez haute ni assez fine.

Carroyage tramé, régulier, quasi hypnotique, le luxe commence par une maîtrise parfaite de cette rythmique, par la géométrisation que nous voulons tendue, parfaite, de ce jeu de pleins et de vides. Ces percements constituent de grandes fenêtres urbaines, hors de l’échelle de la baie à la surface contingentée des constructions performantes. Cette taille démultipliée qu’autorise ce principe de double façade concourt résolument à une image ouverte, généreuse, luxueuse de ce principe d’habiter.