Université Régionale des Métiers – Marseille

programme : Construction de l’ensemble des locaux de l’URM dévolus à la formation, l’information et l’orientation

maître d’ouvrage : Région PACA

architecte : ECDM architectes – chef de projet : Benjamin Ferrer

agences associées : MARCIANO Architecture – José MORALES Architecte

BET : Ingenia groupe Nox – Venatech – Ac2R

localisation : Ilots 1B et 1C2, ZAC Cité de la Méditerranée, Marseille (13)

superficie : 18505 m² SDP / 14500 m² SU

coût : 35 M€ HT

Concours 2015

La trame urbaine régulière d’Arenc impose son rythme avec autorité, allant jusqu’à contraindre la division d’un programme unitaire sur deux parcelles. Cette contrainte est largement compensée par les qualités du site : situation hyper-urbaine structurée par un parcellaire inscrit dans l’histoire marseillaise, dans laquelle l’URM vient se fondre. Notre projet est un seul et même bâtiment sur deux parcelles : un bâtiment monozygote issu du même ADN, qui se déploie en 2 séquences déclinées de la trame « Mires ». Il s’agit à la fois d’une entité : unité de lieu pour un programme fédérateur, et d’un équipement structurant à l’échelle d’un nouveau quartier déployé sur un large linéaire venant unifier un paysage fondé sur des valeurs communes. Dans un travail fractal, le bâtiment scindé par le tracé viaire se re-fragmente sur chaque parcelle, scandé par des vides paysagers imbriquant végétal et minéral. Il en résulte une forme urbaine aérée et abondamment plantée, aux gabarits contrastés, dont les respirations bénéficient au quartier. Les mails et les squares s’enchaînent dans un jeu géométrique en affirmant des percées est-ouest à l’abri du mistral et du cagnard et en libérant des cadrages, vues et perspectives sur les îlots. La ville dense est ici associée à une fragmentation du bâti dans une implantation « ouverte » favorisant l’ensoleillement, les vues, l’intimité propres à la cité méditerranéenne. Le paysage urbain alentour est le point de départ d’un projet pensé avec le sentiment obsessionnel d’être au cœur de la ville. Ici, l’apparente vacuité du site est un trompe-l’œil. Cette conscience du contexte et de sa transformation est présente dans la conception de notre projet. L’écrin que définit l’épannelage de la ville ancienne à l’ouest le long de la rue de Ruffi, se prolonge au sud par la verticalité de tours résidentielles à venir. A l’est un bâtiment solitaire témoin de l’histoire de la ville ponctue le site. Ainsi au sud-ouest en limite du boulevard de Paris non loin de l’autoroute, nous marquons l’angle par un cube blanc en lévitation afin d’affirmer la verticalité. Il s’agit de rendre lisible la présence d’un bâtiment à haute valeur symbolique perçu à distance. Le système viaire dilaté, planté, ponctué d’un mail d’arbres sur les très larges trottoirs de la rue Urbain V constitue l’axe majeur auquel nos parcelles se raccordent. C’est à partir de cet espace public fort, généreux que nous distribuons nos deux entités. Le boulevard, élément de liaison, joue un rôle de coulisse entre nos éléments : espace dilaté ouvert sur la ville, à même d’accueillir des groupes d’étudiants dans une ambiance dé-saturée, il est un prolongement logique, complémentaire de l’université.

L’implantation du projet dans la ville dense – la ville « servicielle » dotée de multiples moyens de transports publics, animations et équipements, fait de la consommation du territoire une question centrale. Conscient de son environnement, le projet est compact, compris dans une volumétrie qui fédère tout en révélant la diversité du programme. Les bâtiments sont traités comme une pièce urbaine ciselée par le territoire géométrisé de ce quartier Marseillais. L’organisation du plan masse participe à la structuration d’un environnement où les constructions ne sont pas des objets solitaires mais éléments d’un tout. Ainsi, nous nous inscrivons dans une histoire et une logique de quartier où les filiations volumétriques traversent l’espace public pour sertir celui-ci : même gabarit, même alignement, même jeu de césures et de failles, même écriture, mêmes matériaux, mêmes chromatiques et enfin mêmes figures architectoniques pour les accès, le socle, le corps de bâtiment et l’attique. Les volumétries sont simples, procédant d’une véritable économie tant dans leur matérialité que dans le choix des procédés constructifs mis en oeuvre. Les matériaux et leur mise en œuvre racontent ici tout à la fois l’histoire des métiers, de l’artisanat tout en renvoyant à l’architecture méditerranéenne dans un régionalisme critique ; l’ouvrage à valeur pédagogique. Nous mettons en œuvre des codes issus d’une architecture méditerranéenne, aux façades poreuses et blanches, filtrantes, composées d’éléments ouvrageux, porteurs du savoir-faire des métiers.