Poste Immo – Grenoble

Programme : réhabilitation des locaux de la Poste et création de bureaux, de 100 logements, d’espaces de coworking, d’un rooftop et d’un espace de sport.
Maître d’ouvrage : La Poste Immobilier
Architecte : ECDM architectes – Chef de projet : Rikje Maas
Mission : conception et conformité architecturales
Architectes associés : WIMM + MEMO Architecture
Equipe : OTEIS (Structure, Fluides, AMO HQE) / SUEZ – BATIRIM (Economie circulaire) / MUGO (Paysagiste) / Maximum (Designer) / Resolving (BIM Manager)

Localisation : Grenoble (38)
Surface : 18 250 m² SDP
Coût : 23.4 M€ HT
Concours lauréat : 2020
Labels environnementaux : BREEAM excellent, E3C1 et RT2012 (-40 %)

La conservation est le point de départ du projet. C’est un préalable culturel autant qu’une prise de position environnementale. Nous partons d’un héritage, d’un bâtiment élément de la ville, tout à la fois marqueur urbain et témoin d’une époque. C’est à partir de la conscience de ce legs que nous avons commencé à projeter, en nous inscrivant dans une histoire à prolonger.
Il s’agit donc d’une gestion patrimoniale où l’approche culturelle se double d’une question environnementale. Aussi nous avons mis la durabilité au cœur de nos réflexions. Notre proposition est un travail d’accompagnement, un travail d’inflexion qui permet de réinitialiser le lieu en le conservant. La ville durable c’est avant tout une ville constituée d’architectures pérennes. Nous allons réinitialiser, reformater, réutiliser, adapter une architecture en limitant les démolitions.

Notre intervention, dans son écriture sera sobre et discrète, en contraste avec une transformation programmatique importante. Il s’agit d’installer des usages et des pratiques dans des espaces caractérisés, d’installer notre temps dans un autre, créer une filiation entre deux époques, proposer les conditions de la transmission d’un lieu chargé d’énergie grise. Le béton ici est à la fois la matrice, la structure et l’enveloppe. Ce matériau nous parle du temps, nous raconte une histoire teintée de progrès et d’optimisme. Il en résulte des formes élancées, une mise en scène de la verticalité, des fonctions décortiquées. Initialement pensé comme un objet, de bâtiment ilot, il devient bâtiment connecté à la ville et à son environnement.
Notre engagement repose sur cette intention forte que notre contribution passera par des inflexions ; ainsi le paysage urbain se transformera plus par le changement de programme que par des interventions architecturales que nous souhaitons discrètes. Nous avons conscience de nous inscrire dans une logique de projet urbain, aussi le projet participe d’une transformation de quartier. Les projets urbains de grande ampleur sont souvent l’occasion de réfléchir autrement, à plus long terme, et promouvoir ainsi de nouvelles façons de penser la ville.
Ceci implique une nouvelle manière de dessiner la ville, le tout dans l’objectif de retrouver du sens dans les termes « vie / animation urbaine», « quartier habité », « espace partagé ». C’est à partir de ces valeurs que nous pensons le redéploiement du site.
Notre première intention est d’intégrer le bâtiment dans la trame verte défi nie par la ville de Grenoble. Il s’agit de conférer au bâtiment un rôle de relai dans l’accueil de la faune et de la flore en liaison avec la boucle verte qui passe à proximité de notre ouvrage. Les changements de programmes et des interventions chirurgicales sur les pieds des immeubles nous permet de désaturer le lieu et d’offrir des surfaces d’accueil à la faune et la flore.